Billet d’humeur

Mai 2012 21 mai 2012

Yael Sonia, Bagues rockUn joli mois de mai ? Plutôt busy mois de mai !
Les jours « non travaillés » permettent de rattraper les retards! Nous organisons une grande vente (plus de cent bijoux) de Yael Sonia, une joaillière talentueuse au talent très indépendant des codes de la joaillerie : ses bijoux ressemblent à des jouets très précieux. Portrait à lire sur le blog.
Pour commencer votre collection, c’est jusqu’à fin juillet, 7 rue du Pré aux clercs et sur Internet…

Beautiful talent!

Yael Sonia 20 mai 2012

Yael est créatrice en joaillerie. Installée à son compte depuis 1997, elle fête, en 2012, quinze années de création et de passion pour son métier.
En 2007, elle ouvrait une boutique en propre sur Madison Avenue, à New York, un pari audacieux…

Jusqu’au 28 juillet, près de 100 pièces sont en vente à la galerie Elsa Vanier, à Paris.

Comment vit-on le métier de joaillier indépendant aujourd’hui et quel est le prix de cette liberté?
Yael
: La liberté de pouvoir créer est un plaisir pur. Mon indépendance été rendue possible par le soutien de mes proches et par la «chance» d’être reconnue. Dés le début de mon installation, j’ai vendu mes créations dans des galeries et la presse m’a toujours beaucoup soutenue. Mais avoir une boutique en propre génère beaucoup de contraintes et ne permet guère d’erreurs !

Pouvez-vous nous résumer en quelques phrases votre parcours ?
Yael
: Après des études académiques en littérature, j’ai pu intégrer la fameuse école «  Parsons The New School of Design » sur dossier, en présentant un portfolio de dessins et peintures. J’ai suivi une première année généraliste : dessin, théorie de la couleur, cours de base pour tous les arts… La deuxième année, j’ai étudié le Design Industriel, puis j’ai passé 3 années dans la spécialité que j’ai choisie c’est à dire l’orfèvrerie et la joaillerie, me permettant ainsi de travailler le métal, l’argent…
Ce qui m’a le plus marquée à Parsons est que l’enseignement est assuré par des créateurs, joailliers en activité.

Avez-vous toujours eu envie de créer des bijoux ? Qu’est-ce qui vous a amenée au bijou ?
Yael
: J’ai toujours eu une passion pour le dessin. Adolescente, j’ai réalisé quelques croquis de bijoux. Mon enfance heureuse a été un vecteur fort que l’on retrouve dans les formes de mes bijoux : pendules, toupies ou cerfs-volants, ce sont souvent des objets appartenant à l’enfance et des objets en mouvement.

Yael Sonia Pendentifs Cerfs-Volants

Yael Sonia Pendentifs Cerfs-Volants

Qu’est-ce qu’un bijou pour vous, et, qu’est-ce qu’un bijou réussi ?
Yael : Tout d’abord, pour moi, un bijou n’a pas besoin d’être sérieux pour être précieux. Le client doit l’essayer, jouer avec et se l’approprier. Le bijou fait « un » avec son porteur.
Un bijou réussi c’est une histoire qui se raconte…

Vous voyagez beaucoup, et en particulier vous partagez votre temps entre New York et São Paulo. Vue de France, São Paulo est une ville violente, qu’est ce qui vous y attire?
Yael
: Je préfère vivre à New York mais je ne peux me passer longtemps de São Paulo. C’est une ville qui dégage une chaleur extraordinaire, c’est là que je retrouve mes parents et c’est le lieu où je suis la plus créative, ça ne s’explique pas.
C’est là aussi que j’ai mon fournisseur de pierres, lapidaire qui achète les pierres brutes et les taille, parfois sur mesure, pour mes bijoux. Le Brésil offre des trésors, aigues-marines, quartz de toutes les couleurs, tourmalines, topazes… J’aime particulièrement jouer avec le quartz rutile, les améthystes, la chrysoprase, le quartz laiteux et l’aigue-marine… Ce sont des pierres que l’on trouve  mais il me faut des couleurs intenses et je dois être très sélective.

Et, combien de personnes travaillent avec vous?
Yael : Actuellement, à l’atelier, deux orfèvres et un sertisseur travaillent sur mes pièces qui sont entièrement réalisées à la main.

Où peut-on trouver vos bijoux aujourd’hui? Et où rencontrez-vous le plus de succès ?
Yael :
Mes bijoux sont exposés et vendus à New York dans mon magasin sur Madison Avenue, à Cambridge (Massachussetts), à Sao Paulo, à Rio de Janeiro, à Hong Kong et à la Galerie Elsa Vanier à Paris.
C’est au Brésil, où je suis reconnue depuis le début de mon activité, que mes bijoux se vendent le mieux. En France, ils sont encore considérés comme très « audacieux » mais nous avons développé une clientèle fidèle qui guette les nouvelles créations et la presse m’a réservé un accueil chaleureux.

Quel est votre métal de prédilection ? Comment travaillez-vous? Faites vous des dessins préparatoires?
Yael : Mon métal de prédilection est l’or car il dégage une chaleur. Maintenant, je le préfère un peu patiné, feutré, et même, « ayant vécu »…
Lors de chaque nouveau projet, je fais un petit croquis, parfois sur le coin d’un carnet, puis je le repense, le peaufine, et l’imagine dans sa réalisation finie. Dès lors que tout est résolu, je réalise un dessin technique qui met en lumière sa faisabilité.

Vous y associez des pierres. Lesquelles ?
Les pierres fines de couleur du Brésil sont taillées sur mesure. Je les monte pour qu’elles se balancent, roulent et tournent en composant des bijoux animés, ludiques. Elles ne sont pas toujours serties, mais souvent juste suspendues ou libres de bouger dans leur cage.

Yael Sonia, Pendentifs mini spinning

Vous avez reçu en 2002, le Prix de Design International du Tahitian Pearl Trophy. Ne manque-t-on pas aujourd’hui de grands prix internationaux ?Yael : Non, mais en tant que créateur, on se doit d’être sélectif. Début juin, je  participerai à un concours de Design au salon Couture à Las Vegas.

Vous avez clairement la notion de ligne de bijoux. Parlez nous de vos dernières créations
 

 

 

 

 

 

Yael Sonia pendentifs Déco

 

 

 

 

 

 

Yael : La notion de ligne de bijoux est importante mais chez moi, une ligne est en perpétuelle évolution et s’étend de façon non organisée !
Dans les lignes « Perpetual Motion collection » et « Rock », les dernières évolutions sont des bijoux continuant de mettre en avant la géométrie, le mouvement et les jeux optiques (découlant d’une taille spécifique des pierres), sur lesquels nous avons travaillé la légèreté pour qu’ils soient portables tous les jours.

Pouvez-vous nous dire un mot de vos recherches actuelles, ou de vos thèmes actuels ? Du projet de sculptures…
Yael :
Une nouvelle ligne toujours en mouvement associera le pendentif et les boucles d’oreilles en formes très arrondies et organiques faites en grande partie par moi-même. J’ai aussi un projet de sculptures en argent dont les premières ont déjà été réalisées, mais je ne peux pas en dire plus, il est trop tôt.

Un souhait pour l’avenir ?
Yael : Je tente de rechercher l’équilibre entre la marque qu’il faut faire vivre et les pièces uniques. Ce qui me passionne c’est la création. Mon souhait, c’est de trouver cet équilibre entre être entrepreneur et être artiste…

Une pierre à la loupe

La cornaline 27 novembre 2011

Le mot cornaline (carnelian en anglais) vient du latin caro, carnis, qui signifie la chair.

Son aspect

La cornaline est une gemme orangée à brune. C’est une variété de calcédoine, (silice / SiO2), colorée par des oxydes de fer. La cornaline est proche de la sardoine (sardonyx). Elle est translucide et fréquemment taillée en cabochon. Sa dureté est de 7, comme la plupart des quartz, ce qui lui permet d’être portée en bague.

Fiche descriptive d'une cornaline

Un peu d’histoire

On utilisait déjà la cornaline il y a 7000 ans, les pierres étaient alors percées grâce à un foret à archet. (Fouilles de Mehrgarh). De la cornaline datant de 1800 avant JC (âge de bronze minoéen) a été retrouvée à Knossos en Crête, sa forme suggère également une utilisation pour la parure.

A l’époque romaine, la cornaline était fréquemment gravée et utilisée comme sceau, parfois sur des bagues-sceaux. En effet la cire chaude ne colle pas à la cornaline. Chez les Hébreux, l’odem,  première pierre sur le pectoral du grand prètre, était une pierre rouge,  sans doute une cornaline, à moins que ce ne soit du jaspe…

 

Croyances et folklore :

Cette gemme était réputée nettoyer le sang et améliorer les perspectives d’avenir, on croyait qu’elle stoppait les hémorragies et aidait à la guérison des plaies…

Chez les Egyptiens, la cornaline aidait au passage dans le monde des morts., ce qui expliquerait sa présence si fréquente dans les tombes de l’Egypte ancienne… En Inde et au Tibet, la cornaline était portée en pendentif et en amulette…

Sa provenance

Les principaux gisements de cornaline se trouvent en Australie, au Brésil, à Madagascar, en  Inde, U.SA, Russie et dans certains pays d’Afrique. C’est une gemme relativement abondante sur le globe terrestre.

 Comment je l’aime

 Je la porte en bague et en boucle d’oreilles. Boucles « Petit Poucet » d’Ann Gérard, car j’aime ce petit éclat d’orange doux dans les cheveux bruns. Et j’aime l’idée de cette gemme, parure multimillénaire, sur une monture très contemporaine.

Boucles d'oreilles petit Poucet d'Ann Gérard

Boucles d'oreilles petit Poucet d'Ann Gérard

J’adore aussi ma bague Yolaine de Claire de Divonne, que je porte alternativement en onyx ou en cornaline, selon l’humeur!

Bague Yolaine, créateur Claire de Divonne

Sur tapis rouge

Cette pierre a un éclat sans doute trop doux pour être portée sur les podiums!! Mais voici pourtant des cornalines très bien mises en valeur par Claire de Divonne dans sa collection “Fleurs du désert”.

Bague Fleur du Désert, créateur Claire de Divonne

Le fond de l’air

Visite d’Atelier, chez Agathe Saint-Girons (1ère partie) 2 juillet 2011

Découverte d’un atelier original par bien des aspects : sa taille, son emplacement, son organisation.

Mozinor

Mais ça se mérite ! L’atelier est situé au sommet d’un immeuble industriel bien connu de Montreuil, Mozinor. Mozinor…  Je me suis longtemps demandé d’où sortait ce nom, mais oui, mais bien sûr ; NOR pour nord, ZI pour zone Industrielle, puis il suffit de couper Montreuil avant le N… ça change le son, et le tour est joué.  Revenons au bâtiment, invraisemblable, et à l’atelier, fantastique.

Construit en 1971, à l’époque du béton roi – par Claude Le Goas (1958-2007), Mozinor est une petite ville en soi, un énorme bâtiment en béton, fraîchement repeint en blanc crème et  rouge, dans lequel une rampe permet aux semi-remorques  d’accéder aux 6 niveaux. Mozinor abrite une soixantaine d’entreprises, de la mécanique à la production cinématographique, dans de grands ateliers hauts de plafond et très bien éclairés par les très nombreuses fenêtres… Parcourir la rampe pour atteindre la terrasse où sont installés les ateliers d’artistes prend 5 bonnes minutes pendant lesquels on parcourt presque 1000 mètres. Le soir tard, on se prendrait pour un archéologue visitant un palais pharaonique abandonné… Depuis le boulevard, on ne prend pas bien la mesure du bâtiment, ni sa qualité architecturale…  et puis hop, passée la barrière, on est avalé par le monstre et on atteint la terrasse, heureux d’en avoir réchappé.

Terrasse de Mozinor la nuit

Sur le toit-terrasse arboré, l’atmosphère est tout autre. La vue sur Paris est magnifique, on entre dans le vaste atelier comme dans une soucoupe volante. La pièce est vaste, arrondie et entièrement vitrée. Agathe nous accueille avec un café et nous présente les principaux outils. Nos établis d’élèves, son établi de maître. Les outils qu’on ne mélange pas, les uns pour les métaux précieux et les autres pour toutes les autres matières. Les différents moyens de récupérer les copeaux, la limaille. Les petites anecdotes de la profession (les sacs d’aspirateurs qu’on ne jette pas…). Puis nous faisons le tour des postes de travail, soudure, (propane-oxygène) polissage, laminoir, perçage, tire-fil.  Gros meubles à tiroirs de quincaillier où Agathe range ses trésors. Entendons-nous, toute matière « utile » à son inspiration et aussi tous les outils, introuvables aujourd’hui, achetés ou récupérés chez de vieux artisans.

Enfin nous nous installons pour faire connaissance avec le travail des métaux. (suite le mois prochain).

Bijou must

Pendentif corail et perle de Stefania Minardi 24 mai 2011

Une facon toute simple et poétique de porter cette merveille des fonds marins.
La pêche de corail de méditerranée est très contrôlée et le beau corail rouge s’est raréfié pour les joailliers.

Stefania recherche des branches aux formes qui l’inspire et les associe à l’or, aux perles, au bois, à la nacre et même a l’os. (Le corail étant le squelette d’un petit animal ressemblant a un végétal à s’y meprendre).
J’aime les formes harmonieuses qu’elle sélectionne et les assemblages poétiques qu’elle crée. Des pièces uniques, que nous obtenons au compte-goutte et qui s’envolent sitôt arrivées.

Plaisir des sens

To be or not to be… 21 mars 2012

 Hamlet, mise en scène David Bobee, au TAP, Poitiers, le 17 mars 2012

Pierre Cartonnet joue Hamlet-Poitiers 17 mars 2012

D’abord le plaisir du texte, plaisir redoublé lors des quelques répliques données en anglais. Des répliques simples, qui permettent au public de ne pas perdre le fil.         J’avais copieusement oublié le texte Hamlet, et donc, entre autre ce clin d’œil de Shakespeare au théâtre, (la mise en abîme de la pièce dans la pièce), puisque c’est en faisant donner une pièce de théâtre au palais d’Elseneur qu’Hamlet espère confondre son beau-père de son meurtre fratricide. Le spectacle est « grand », l’intensité dramatique est soulignée par les moments d’humour et le jeu des acteurs (le fossoyeur chante des complaintes africaines et rit de tout à gorge déployée), la mise en scène mêle habilement et surtout « à propos », la danse, le cirque, la vidéo et la lumière. Le spectre est évoqué par une vidéo  « techno-électronique » excellente.

C’était aussi la première fois que je voyais sur scène 2 acteurs handicapés mentaux. Ils ont joué leur rôle (des comédiens justement) avec justesse et j’en ai été très touchée. Je pense que mon regard sur les trisomiques s’en trouvera durablement changé et je salue le travail formidable des éducateurs de la compagnie L’oiseau-Mouche… 
L’apparition d’une eau noire sur scène, présage de la fin d’Ophélie, est une idée superbe utilisée tour à tour avec humour, (Hamlet déjanté en costume de batman), poésie (Ophélie se lamentant), ou dans un esprit esthétique, la mort d’Ophélie dans les pétales ou le superbe combat à l’épée entre Hamlet et Laerte.

Hamlet joué par Pierre Cartonnet

Un spectacle de trois heures, un texte entrecoupé de numéros d’équilibrisme et de danse. Un très beau texte servi par une mise en scène très originale et quinze acteurs, artistes de cirque et danseurs, dont Pierre Cartonnet, Hamlet tout en puissance et en énergie.

To be or not to be, that is the question ;

Whether ‘tis nobler in the mind to suffer

The slings and arrows of outrageous fortune,

Or to take arms against a sea of troubles, and by opposing, end them… (Acte III, scène2)