L’atelier de Claire Wolfstirn  24 septembre 2014

Atelier de Claire WolfstirnLes fenêtres de cet atelier lumineux s’ouvrent sur une belle cour d’immeuble industriel comme en recèlent encore certains quartiers de Paris.
On est accueilli par les bijoux à plat et au mur, une sorte de show-room qui ferait presque oublier l’ambiance industrieuse qui règne de l’autre côté de la pièce.
En effet, c’est comme un joyeux désordre, mais désordre n’est pas le mot, car les outils sont bien à leur place, seulement si nombreux qu’ils s’enchevêtrent un peu.

Depuis quelques années, Claire, attirée par les qualités de l’acier patiné, l’incorpore petit à petit dans ses pièces. Les contraintes qu’il impose et sa dureté, qui le rend plus long à travailler, sont, pour Claire, largement contrebalancées par ses teintes noires bleutées magnifiques aux côtés de l’or jaune. L’atelier comporte donc 2 établis, l’un pour l’acier qu’on aperçoit ci-dessous et l’autre pour les métaux précieux.

Atelier de Claire Wolfstirn

Le gros matériel est constitué du banc à étirer à droite sur la photo ci-dessus, d’un étau, à gauche, et d’un laminoir.
Fils ronds, fils carrés, Claire veut pouvoir contrôler leur section au dixième de millimètre et ne peut se contenter des fils tout faits, ses fils doivent donc être étirés, plusieurs fois parfois, jusqu’à la section idéale. De même, le laminoir lui permet de décider de l’épaisseur de chaque plaque, celle-ci variant avec la nature du métal et l’allure recherchée.

Claire Wolfstirn

La créatrice prépare ses pièces grâce à des dessins et des maquettes de papier et de métal, qu’elle aime toucher et triturer. Arrivée à l’effet souhaité, elle choisit ses matières et commence la fabrication de la pièce : sciage, mise en forme, brasure …

Son outil de prédilection est bien sûr la scie d’orfèvre encore appelée Bocfil, cet outil à lames interchangeables (mais si difficiles à mettre en place pour le néophyte), qui lui permet de créer ses fameuses pièces ajourées…

scie bocfil

C’est un outil qui tient peu de place et dont Claire se contente de 2 exemplaires et d’un bon stock de lames. Chaque lame se caractérise par une épaisseur donnée et à chacune correspond une épaisseur de métal et un effet de coupe.
Le geste est très répétitif, un mouvement de va et vient qui demande une grande concentration et qui impressionne lorsque l’orfèvre se lance dans une grande pièce, mais en même temps, c’est un travail de précision, de rythme et d’inspiration (dans les 2 sens du terme), qui permet une régularité tout en laissant le bijou marqué par le « geste de la main ».

Claire Wolfstirn détail tableauVoici une pièce dont on se demande comment la scie y est entrée…

Claire Wolfstirn

De nombreux marteaux sont posés sur des étagères à portée de main, chaque marteau est soupesé rapidement avant d’être utilisé, car à chaque tête et poids correspondent un geste et un effet précis.
Les autres outils sont des limes, forets, bouterolles, dés à emboutir, triboulets, chalumeau,  mèches et tour à brosser ou à polir…

Bijoux et outils de Claire Wolfstirn

Chaque pièce est ainsi réalisée à la main, certaines restant uniques et d’autres composant de petites collections telles que les « Herbes folles » aux tiges ouvertes vers l’extérieur, les « Herbes sages » aux tiges tournées vers l’intérieur, les « Funambulles » à l’équilibre improbable parfois…

 

Exposition Claire Wolfstirn, à la galerie Elsa Vanier, du 3 octobre au 26 novembre 2014.

Retrouvez les créations de Claire Wolfstirn sur le site de la galerie.

 

Collier Ricochet de Claire WolfstirnCrédit photo P. Denis