Claire Wolfstirn, l’équilibriste du bijou  11 septembre 2014

portrait Claire WolfstirnLa galerie consacre son exposition d’automne 2014 (3 octobre-26 novembre) à la créatrice Claire Wolfstirn, qui a pour l’occasion, exploré de nouvelles voies.

Si les œuvres se reconnaissent toujours par leur graphisme et leur sobriété, les dimensions ont explosé et l’acier patiné a pris une large place.
Un interview de Claire Wolfstirn sur BFM TV : Métiers d’art, Métiers de luxe

Nous avons recueilli quelques propos de l’artiste sur ces deux dernières années d’intense création.

Broche Ricochet, crédit photo A. Weitich

En Octobre 2012, vous nous aviez fait part de votre envie de “changer d’échelle”. Votre souhait s’est-il concrétisé ?

L’envie de changer d’échelle s’est matérialisée lors d’une exposition à laquelle je devais participer aux côtés de peintres et de sculpteurs. Cette manifestation présentait des créations d’un format imposé (70 cm) et se déroulait dans un bâtiment très impressionnant. Il n’était pas question pour moi de m’éloigner du bijou en changeant d’échelle, mais j’allais devoir le montrer dans des conditions très différentes.
Ce fut donc l’occasion de créer mes premières « lames » murales, un prolongement de mes tableaux-sculptures, et dont quatre feront d’ailleurs partie de l’exposition à la galerie Elsa Vanier cet automne.

Cette présentation donne une autre vision du bijou, l’œil découvre l’élément portable (le bijou) sans même savoir qu’il s’agit d’un élément amovible et l’aller-retour entre le bijou et sa lame offre une nouvelle perspective. La lame (ou le tableau) est conçue en symbiose avec le bijou, l’un vit sur un mur et l’autre sur le corps, mais ils vont de pair : la recherche d’équilibre et le rapport graphique entre les deux éléments sont essentiels.

tableau et collier Saturne, photo S.Lacombe

Enfin, travailler à cette échelle m’a permis d’approfondir le jeu de superposition, qui crée une vibration. Le passage de la lumière, le jeu d’ombres est plus marqué. Cela a également été l’occasion de reprendre mes recherches sur l’acier, jouer sur ses couleurs, le moirage, les diverses patines possibles. L’acier est plus rigide, plus difficile à scier que l’or ou l’argent. L’artiste doit être prêt à consacrer plus de temps à chaque pièce. Le précieux du métal naît des heures qui lui sont consacrées et non de la matière brute.

bague Herbes Folles, or jaune, Claire Wolfstirn - crédit photo Gilles Cohen

Nous avons eu le plaisir de pouvoir admirer votre bague “Herbes Folles” en grand, sur les affiches des Circuits Bijoux à Paris et en couverture des catalogues entre septembre 2013 et mars 2014. Outre cette reconnaissance institutionnelle, que vous a apporté cette manifestation ?

Les Circuits Bijoux m’ont permis de me lancer dans des recherches que je n’avais pas pris le temps d’approfondir auparavant. Ce fut une possibilité de me plonger dans une recherche artistique intense, en se « faisant plaisir ». Et ce fut vraiment intense !
Prise dans cet élan de création, j’ai participé à près d’une dizaine d’expositions :
deux chez Mme Chéret : « Duos » (avec Aude Tahon) puis « D’or et d’acier », deux expositions aux Ateliers d’Art de France (l’une dans la galerie Talents et l’autre dans la galerie L’Ateliers avec l’Afedap), une exposition au musée de l’éventail, une à la galerie Lefor Openo nommée « Correspondances » et fondée sur un travail à partir de photos prises dans le métro, « Convergences » chez « Sophie etc… » sans oublier « Surprise Party » à la galerie Elsa Vanier, l’exposition institutionnelle des Circuits Bijoux au musée des Arts décoratifs de Paris et enfin l’exposition de l’association D’un bijou à l’autre, « Que la fête continue », qui est venue clore la saison !

Ce fut pour chacune l’occasion d’explorer des thèmes auxquels je n’aurais pas forcément pensé. Toutes étaient des expositions collectives, avec l’élan et la richesse de chacun, ou la confiance par exemple du conservateur du musée des Arts Décoratifs qui a accepté d’exposer des pièces qui étaient encore à concevoir. Tout ceci a été extrêmement motivant.

Vous avez œuvré avec l’association “d’un bijou à l’autre” à la mise en place de cet événement qui a rassemblé plus de soixante expositions, conférences et rendez-vous destinés à mettre en lumière la diversité de la scène française et internationale actuelle du bijou. Comment est née cette volonté ?

L’association « La Garantie » organise régulièrement des réunions de réflexion autour du bijou. Il était apparu nécessaire d’organiser un événement pour rendre lisible les différentes facettes du bijou contemporain.
L’association « d’un bijou à l’autre » s’est montée dans cet objectif. Elle regroupe des professionnels du bijou contemporain et des plasticiens expérimentés, des représentants d’associations françaises du bijou. La manifestation parisienne des Circuits Bijoux de septembre 2013 à mars 2014 en partenariat avec les Ateliers d’Art de France, a permis de montrer différentes approches du bijou, de créateurs français mais aussi venus d’autres pays. Cela a créé de la convivialité, de nombreux échanges, j’ai particulièrement apprécié cette diversité, ayant moi-même exposé et étant présente dans différentes galeries à l’étranger.

L’association continue de promouvoir le bijou contemporain, et les pièces de « Que la fête continue » ont été exposées depuis au Centre d’Art contemporain de Montreuil au printemps 2014 et en juillet 2014 l’association a été invitée à Who’s Next & Première Classe (salon professionnel à Paris).

Et maintenant une première exposition personnelle à la galerie Elsa Vanier…

Ma première exposition à la galerie Elsa Vanier, collective cette fois-ci, date de 2005 et présentait des bijoux pour hommes. Depuis, je n’ai cessé de collaborer en toute confiance avec Elsa et Béatrice.
En mai 2013, lors de l’exposition Reflet(s) au palais de Tokyo, la galerie avait déjà proposé un focus sur mon travail au sein du « laboratoire de création ». J’ai travaillé de façon si intense depuis deux ans que je suis ravie de pouvoir montrer maintenant l’ensemble de mon travail, en toute cohérence, car s’il a de multiples facettes, le fil rouge demeure l’importance que j’accorde au rapport de l’objet au corps et à son porté.

Collier ciel de fer, acier et or, crédit photo P. DenisPendentif Ricochet, acier, crédit photo U. Landry

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Et cliquez sur ce lien pour visiter son atelier !
D’autres bijoux sur notre site, les créations de Claire Wolfstirn en ligne.

Vous pouvez retrouver des pièces de Claire Wolfstirn dans les parutions suivantes :

– Un vrai bijou ! (bijou contemporain en France) , éd. les 7 péchés capitaux, 2005
– 500 pendants and lockets – Contemporary Interpretations of Classic Adornments- ed. Lark Books, 2003
– The Compendium Final of Contemporary Jewellers, 2008
– Kara Art Jewelry Designers, 2010
– Contemporary Jewellery, anuario yearbook, 2011
– Bagues, tour du monde en 500 créations artistiques, Nicolas Estrada, éd. Promopress, 2011
– Jewelbook 12/13 International Annual of Contemporary Jewel Art, Jaak Van Damme, 2012
– Dans la ligne de mire, scènes du bijou contemporain en France – Les Arts Décoratifs, 2013

Pour rappel, l’interview de l’artiste d’octobre 2012 :
Claire Wolfstirn, petits formats, grands effets