Ariel Kupfer, l’invention du précieux  5 février 2014

Ariel KupferAriel Kupfer m’a présenté son travail, son approche devrais-je plutôt dire, dès l’ouverture de la galerie. J’ai été immédiatement intriguée par le mystère et la poésie qui s’en dégageaient mais me sentais à l’époque dans l’incapacité de défendre intelligemment de telles pièces. Œuvres d’art ? Toujours. À porter ? La plupart du temps… Exigeant une explication ? Certainement…
Ainsi qu’une complicité entre l’acquéreur et l’artiste.


En 2009, je découvris que certaines pièces qui m’avaient émue faisaient désormais partie de la collection de Pierre Staudenmeyer, exposée Passage de Retz lors de l’exposition intitulée « Les Années Staudenmeyer ». Que feu ce découvreur de talents ait collectionné des objets et bijoux d’Ariel Kupfer était un aiguillon supplémentaire à garder cet artiste dans ma ligne de mire…

« Dragon » – mercure, cuivre, argent et verre

Poser les yeux sur les œuvres d’Ariel Kupfer, c’est entrer dans un cabinet de curiosités doublé des recherches d’un alchimiste. Cet artiste a un goût pour les raretés de la nature et les matières atypiques, singularités à travers lesquelles il exprime une vision du monde très personnelle et poétique.
Piedra Libre II - Ariel KupferL’artiste nous invite à une lecture à contre-courant, non pour s’opposer mais pour réunifier. Dans cette logique, les valeurs sont questionnées : celles du temps, des monnaies, du « trésor » – toujours caché, pour que l’ingéniosité le trouve (ci-contre : « Piedra Libre II » – or et spinelle brut). Celles des principes de « purification » par rapport aux mélanges : son approche alchimiste s’intéresse au mercure, qui forme un amalgame avec l’or, le cuivre et l’argent, ce qu’il rapproche des principes de « digestion », minéral comme animal.

 

Enfin il partage sa connaissance de la matière en mettant en scène ses origines, ses propriétés physiques ainsi que sa charge poétique (le fer allié à l’aimant, issu des météorites ou de notre planète).

Le fer et ses origines« Le fer et ses origines« – fer, météorite, magnétite et aimants

Les formes du monde et de ses éléments sont données à voir sous forme métaphorique, à nouveau dans une continuité entre le minéral et l’organique, un lien entre le céleste et nos entrailles.
Ses passions pour les formes élémentaires, pour certains minéraux et pour les liens minéral/animal l’ont conduit jusqu’à l’observation microscopique d’algues créant des structures de silice. Cette recherche continue de nourrir son discours sur les origines, les architectures et le lien subtil entre la matière et nos questionnements fondamentaux.
L’écriture devient également un médium privilégié, y compris lorsque le support de l’expression est la pierre…

La pièce principale qu’Ariel Kupfer présentera à la galerie est encore un secret, à découvrir le mercredi 12 au soir. Un seul bijou, dans une seule vitrine, visible de tous côtés et à regarder à la loupe.
Voici comment l’artiste le présente : « Ne proposer qu’une seule pièce n’était pas chose aisée, mais j’étais absorbé par la réflexion sur le système-même de son « porté » ; je me suis imposé une recherche tant sur Le Système que sur L’Objet, son esthétisme et sa symbolique. Elsa Vanier connaissait déjà mon travail et comme les “Circuits Bijoux” ont encouragé la présentation d’approches artistiques plus pointues, je crois que la galerie a saisi cette opportunité pour se lancer dans une véritable médiation de mon travail ».

Non sans peine, la galerie a convaincu l’artiste de montrer d’autres bijoux !

Ariel Kupfer – L’invention du précieux – exposition du 13 février au 20 mars 2014