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Les 10 créateurs britanniques d’un printemps anglais 6 février 2013
Sélectionnées pour illustrer la diversité des styles de l’art du bijou et de l’orfèvrerie Outre-Manche, les œuvres de ces 10 créateurs témoignent d’inspirations singulières. Que ce soit devant les pièces noires et or aux allures gothiques de Jacqueline Cullen ou les exquises figurines de Rie Taniguchi inspirées de légendes anciennes, on est frappé par une impression de jamais vu… A la galerie, du 22 mars au 30 avril 2013.
Jacqueline Cullen
Jacqueline Cullen est passionnée par la beauté et le toucher sensuel du jais, ce minéral fossile qu’on trouve encore à Whitby au Nord-est de l’Angleterre. La formation aux arts du spectacle qui précéda ses études de bijouterie l’a prédisposée à s’inspirer des « gestes » dramatiques de la nature : ciels anthracite zébrés d’éclairs, éruptions volcaniques ou falaises déchiquetées par l’érosion…
Les fractures, fissures et crevasses apparentes dans le jais naturel sont des accidents qui nourrissent son imaginaire et sur lesquels elle bâtit des cascades d’or et de diamants.
Elle a reçu de nombreux prix et ses pièces sont présentes dans des collections britanniques, américaines et suisses.
Jacqueline est diplômée de l’université de Brighton et de la prestigieuse Central Saint Martins (Londres).

Jo Hayes-Ward crée des bijoux aux formes simples mais à l’architecture complexe. Ils jouent avec le vide et le plein et sont composés d’un maillage d’éléments de construction. Quand on les regarde avec attention, ces créations remarquables se fondent dans un filigrane de cubes chatoyants. Jo travaille autant à maîtriser les traces laissées par les outils qu’à récupérer leurs qualités esthétiques.
Sa connaissance approfondie des matériaux, couplée à son expérience de joaillier ont permis à cette artiste de développer un style unique, à la fois classique, contemporain et plein de vie.
Jo est diplômée du Royal College of Arts. (MA RCA).
Après une expérience professionnelle dans l’informatique, Sarah s’est formée aux techniques de l’orfèvrerie en autodidacte.
Son approche est donc très personnelle.
Par leur simplicité et leur élégance naturelle, ses bijoux attirent de nombreux éloges. Leur sobriété et leur design en font des objets exposés dans les galeries du monde entier.
L’ingénierie et le plaisir de concevoir des solutions techniques innovantes jouent un rôle important dans ses créations. Le son clair qui se fait entendre à la fermeture de son bracelet tension offre un exemple de la rigueur et de l’élégance qui émanent de son travail.
Les bijoux de Catherine Hills sont inspirés par les formes sensuelles et remarquables trouvées dans la nature. Ils opposent fréquemment des formes lisses avec des surfaces très texturées.
Ses pièces très présentes et cependant féminines se caractérisent par l’utilisation de métaux aux couleurs contrastées et font souvent appel à des composants interchangeables.
Orfèvre depuis 1993, (Royal College of Art), Catherine a remporté de nombreux prix, y compris celui de « Meilleur créateur européen » décerné par les Ateliers d’Art de France en 1996. Elle a reçu des commandes du 10 Downing Street, pour son Altesse Royale le prince de Galles et pour cinq films de la série Harry Potter.
Les opales «Boulder» vibrantes de couleurs, les aigues-marines et le quartz rutile sont souvent mariés à l’or 24 carat et à l’argent massif. Josef Koppmann les dresse au centre de formes évoquant tour à tour l’architecture contemporaine ou des formes plus organiques et fluides.
Josef applique des plaques d’or 24 carat sur l’argent massif en utilisant des techniques traditionnelles. Il aime que l’aspect lisse et tactile de l’argent compense l’allure plus abstraite de l’or fin tout en en révélant la beauté naturelle et le lustre.
Pour lui, les gemmes serties dans ce feuilletage de métaux révèlent davantage les interactions entre lumière, structure et taille.
Une finition parfaite renforce la dynamique de ses bijoux. Leur ligne abstraite alliée à un toucher sensuel leur donne une allure à la fois minimaliste et innovante.
Joseph a étudié au «Arts and Crafts College” de Vienne, en Autriche.
Inspirée par l’architecture et les arts décoratifs du milieu du 20ème siècle, Lucy marie lignes angulaires ou asymétriques avec une palette unique de pierres aux tons doux et aux reflets lumineux.Ses outils qui font appel aux techniques de la métallurgie telles que le tournage ou l’utilisation de rivets donnent un aspect industriel à ses bijoux qui évoquent un paysage urbain d’acier, de béton, de néon et d’eau.
En combinant ces éléments très personnels, Lucy crée des bijoux qui sont à la fois forts et féminins.
Lucy a été formée à la « Birmingham School of Jewellery” et à la « Central Saint-Martin School » de Londres.
Le travail de Kayo Saito est un hymne à la nature. Ses bijoux évoquent le monde végétal et les formes organiques, ils en imitent le bruissement et les rythmes. La fragilité apparente et les lignes délicates offertes par le monde végétal alliées à l’énergie vitale que ce monde déploie, éveillent sa créativité et comblent son sens esthétique.
Elle choisit avec soin les matières précieuses avec lesquelles elle crée des bijoux d’une rare délicatesse.
Ses œuvres sont exposées par les meilleures galeries européennes et ont été présentées à la foire d’Art contemporain de Maastricht (TEFAF) par la galerie Adrian Sassoon.
Certains bijoux ont été acquis par de grandes collections publiques et privées.
Kayo est diplômée de la « Musahino Art University » de Tokyo et du Royal College of Art (2001).
D’origine japonaise, Rie est venue à Londres pour se former au métier d’orfèvre et y est restée. Ses principaux centres d’intérêt portent sur les relations entre la nature, la faune et l’homme.
Elle a toujours dessiné. Les contes populaires et les mythes nourrissent son imagination. Elle crée des petits êtres expressifs qu’elle met en scène. On peut les porter sur soi mais de façon éphémère car porter une de ces adorables créatures est comme l’arracher à son univers poétique.
Rie aime ses petites installations mais elle les laisse délibérément un peu obscures afin d’encourager le spectateur à imaginer lui-même la signification de la scène. Regarder une œuvre de Rie Taniguchi c’est comme ouvrir un livre de contes inconnus. Il faut laisser de côté sa raison pour se laisser emporter dans un monde merveilleux.
Rie a étudié l’Art & le Design au « City of London Polytechnic ».
Karola Torkos
Karola Torkos est une artiste qui se confronte aux aspects parfois contradictoires présents dans un concept, une idée ou une collection.
Elle travaille actuellement sur des bijoux à géométrie variable et a l’impression d’avoir découvert un terrain de jeu inépuisable.
Offrir la possibilité de modifier d’un geste l’allure d’un bijou revient pour elle à remettre à celui ou celle qui le porte la responsabilité de la dernière étape du processus de création.
C’est un défi pour elle qui le conçoit comme pour celui ou celle qui l’acquiert et Karola pense que c’est une façon d’entrer dans une relation très personnelle au design ou à l’art.
Karola a étudié à l’Université d’Art et de Design de Burg Giebchenstein sous la direction de Dorothea Prühl et est également diplômée du Royal College of Arts. (MA RCA).
La principale caractéristique des bijoux de Yen est leur fluidité. Une conception ingénieuse d’éléments articulés rend ses pièces incroyablement agréables à porter et mystérieux à regarder. Les colliers invitent au toucher et au jeu, créant avec leur porteur une relation très sensuelle et seul un regard attentif permet de comprendre comment chaque élément d’or ou d’argent s’articule et se balance souplement.
Chaque collection lui permet de développer un moyen différent d’obtenir ses textures fluides. La collection Molécule est faite de centaines d’éléments fais à la main et accrochés ensemble tandis que la collection « pebble » (galet) fait appel à la granulation et à des articulations soudées.
Yen est diplômée de Sir John Cass University, Londres.
fin
Claire Wolfstirn, petits formats, grands effets 7 octobre 2012
C’est sans doute grâce à Claire que la galerie s’est ouverte aux bijoux d’artistes amoureux de la beauté des métaux, or, argent, acier ou titane sans en appeler systématiquement aux gemmes…
Pour nous, gemmologues, il s’agissait d’une orientation vraiment nouvelle. De surcroît, chez Claire, comme s’il fallait encore atténuer le côté clinquant de l’or, le métal est le plus souvent satiné ou brossé pour offrir un éclat délicat et soyeux… Minimalisme, avez-vous dit ?
Claire, quand on vous demande votre métier, que répondez-vous ? Designer Graphiste ? Joaillier ? Bijoutier ? Qu’est-ce qui vous définit le mieux ?
Claire Wolfstirn : Je suis Créatrice de bijou contemporain. Le bijou est une réflexion, une expression artistique.
Un premier regard professionnel en tant que designer m’a apporté une spécificité dans la création du bijou. Ces objets « précieux » que je donne à porter sont marqués par toutes mes expériences et mes réflexions antérieures…
Pouvez-vous nous résumer en quelques phrases votre parcours, votre formation, jusqu’à votre situation aujourd’hui ? Qu’est-ce qui vous a amenée au bijou ?
CW :Tout au long de mon métier de designer- graphiste indépendant que j’ai exercé pendant 10 ans dans le luminaire, les images de marque et l’illustration, je me suis rendu compte que j’avais besoin et de l’outil et de la matière, à tel point que j’ai abandonné ce métier lorsque les outils manuels ont laissé la place à l’ordinateur. J’ai alors entrepris une formation en ergonomie et cette formation, par la réflexion sur le corps qu’elle induisait, m’a amenée à la création de bijou, donc d’objet intime en interaction avec le corps. J’ai décidé alors de parfaire ma technique en allant suivre les cours de bijou contemporain de l’AFEDAP, dans le nord de Paris, école dans laquelle j’enseigne aujourd’hui.
Qu’est-ce qu’un bijou pour vous, ou plutôt, qu’est-ce qu’un bijou réussi ?
CW : Un bijou réussi est un bijou qui joue avec le corps. Un bijou qui se révèle différent porté, qui s’enrichit de par son « jeu » avec le corps.
En fait, j’aime réfléchir à la forme que l’objet compose avec le corps et faire que les personnes (re)découvrent leur corps avec le bijou.
Avez-vous un type de bijou préféré ?
CW : Non, pas vraiment, j’aime les broches, les bague, les boucles d’oreilles, les colliers… Aujourd’hui, je travaille un bijou en acier, un pendentif rond, forme que j’exploite le plus avec le carré pour en faire une pièce unique.
J’aime aussi particulièrement les différentes pièces que je crée dans les thèmes de « Funambulles » ou « Herbes folles ». Elles ont un côté facétieux !
Vous créez directement à l’établi ?
CW : Avant d’en arriver à la réalisation, les pièces sont longuement mûries. Mais je réalise peu de croquis, je travaille plutôt sur des maquettes en papier avant de passer au métal. Depuis plusieurs années, je travaille sur l’idée d’un tableau avec un élément « Bijou » incorporé qui s’enlève et se porte. C’est un travail qui suit les « herbes folles » et les « funambulles » (écrit volontairement avec 2l).
Quel est votre métal de prédilection ? Et en termes de technique ou de geste ?
CW: L’Or est mon métal préféré, celui que je trouve le plus agréable à travailler, mais j’aime également l’argent et même l’acier avec sa force et sa dureté.
Quant aux outils, ce sont ceux avec lesquels je scie, (et j’utilise beaucoup la scie), je cisèle, martèle ou patine, cela en fait quelques-uns !
Un mot du « Groupe ARCANES », cette association d’une dizaine de créateurs dont vous faites partie ?
CW : Le groupe ARCANES est composé de créateurs de différentes sensibilités. Nous définissons un thème qui se matérialise généralement par une exposition, comme par exemple, en 2010 « D’un jardin à l’autre » ou « Emballage »… J’ai aussi participé à d’autres projets, hors du groupe, avec des créateurs comme Andréa Piñeros, par exemple pour l’exposition« Convergences et Divergences ».
En dehors du site de la galerie, mon travail est également sur internet sur le site ARTBAZ, une vitrine uniquement dédiée à des artistes peintres, sculpteurs ou photographes car je trouve important de montrer le bijou contemporain parmi d’autres expressions artistiques.
Aujourd’hui, vous partagez votre temps entre l’atelier et l’AFEDAP. Que vous apporte l’enseignement ?
CW : J’ assure une partie des cours de fabrication de bijoux de deuxième année. Cet enseignement est porteur de rencontres. Je prends parfois un élève de l’école en stage dans mon atelier, ce qui permet d’approfondir l’échange amorcé en cours. C’est souvent un enrichissement mutuel.
Pouvez-vous nous dire un mot de vos recherches et de vos thèmes actuels ?
CW : Les expositions imposent des thèmes variés ce qui poussent mes réflexions.
Très friande d’art contemporain, j’essaye d’insuffler dans mon travail des parcelles de ces visions nouvelles. « D’un jardin à l’autre « m’a amenée à travailler sur la force et la fragilité de la nature d’où ces découpes qui donnent l’illusion de fragiliser le métal à l’extrême. Quant aux pièces « funambulles », elles sont nées d’une recherche d’équilibre sur le corps.
Où peut-on trouver vos pièces ? Et dans quels pays principalement ?
CW : En France (dans les boutiques d’Atelier d’Arts de France, chez Madame Chéret et à la galerie Elsa Vanier) et à l’étranger au Canada, en Australie, en Belgique…
Je dispose également d’un show-room à côté de mon atelier.
Que vous apportent les galeries?
CW : Les galeries sont vitales et m’apportent une ouverture sur le public, ce sont des relations de long terme, claires et de confiance indispensables pour une artiste. Mes clients me citent souvent le « site rouge »* comme référence d’un lieu pour voir mes bijoux avant de m’indiquer la Galerie Elsa Vanier, de la rue du Pré aux Clercs.
*le site www.elsa-vanier.fr
Avez –vous un souhait pour l’avenir ?
CW : Oui ! Changer d’échelle ! Travailler en plus grand en intégrant toujours des bijoux dans des tableaux sculptures et continuer d’apprendre. Récemment, j’ai fait un stage de dinanderie (travail du cuivre), auparavant, j’avais suivi un stage de ciselure. Ces formations permettent de progresser, de remettre en cause certains gestes, d’avancer… Et enfin, je suis déterminée à rester indépendante.























